Édito: Carnaval et insécurité, ils ne font pas «bon ménage»

SOCIÉTÉ

Par Bazelais LAGUERRE

Grande manifestation culturelle pendant laquelle les gens se livrent au plaisir pour oublier certaines fois les deboires de la vie. Le carnaval c’est un moment de défoulement, de relaxation et de plaisir du bas-ventre. Cette manifestation culturelle réunit des gens de partout dans une félicité de bonheur, comme s’il ne restait qu’un jour à vivre. Mais, qu’en est-il de cette fête quand la sécurité n’est pas garantie? Haïti, spéciale de son état, quoiqu’il en soit, est toujours accrochée à son carnaval.

Ceux qui, dotés du bons sens, diraient que le plaisir et l’insécurité ne sont pas cohabitables, mais en Haïti on vit le contraire. Dans un contexte de sécurité fragilisée où, dans le quotidien du peuple, il y a des enlèvements en série, le carnaval ne devrait pas être organisé cette année. Certains me diront que c’est toujours ainsi. Là, ils s’inscriveront dans une logique de « sophisme à double faute». Mais, à quels progrès économiques réels cette manifestation culturelle contribue-t-elle? La vérité saute aux yeux. Il ne nous manque qu’une prise de conscience.

Ceux qui sont pour l’organisation du carnaval ne sont que des gens qui ne se soucient pas de la misère noire à laquelle font face des milliers d’Haïtiens. Ils ne préfèrent qu’un petit moment de plaisir, sans vraiment se soucier d’une croissance économique du pays. Et après?
Ce sont toujours les mêmes refrains. Mais, c’est le carnaval! Rire!
Cela profite à qui/quoi…?

Nous sommes trop longtemps plongés de ce trou de merde. Trop de temps à nous mentir. Il nous est venu le moment de prendre acte de nos malheurs, de nos mauvais choix, de notre mauvaise gouvernance. Bref!
Quand la sécurité des vies humaines n’est pas garantie, c’est comme si on assistait à une sorte d’«immobilité sociale». En Haïti, nous vivons l’insécurité comme s’il faisait partie de notre ADN de peuple. Ce foutu pays!

Les jours en Haïti sont conditionnés. Quand on ne se lève pas avec des nouvelles de la mort, c’est le Kidnapping qui fait la Une. Les réserves des familles sont vidées; elles sont appauvries. Dans les rues, l’inquiétude prend place. Une peur bleue caractérise les jours en Haïti. L’insécurité est au sommet et personne n’y peut rien contre tout cela. Les gangs sont rois…

Si la vie doit être excitante, en Haïti il n’y a pas de vie. Il n’y a seulement des gens qui font l’effort de garder le souffle de vie (par la grâce de Dieu).
Ailleurs dans le reste du monde, on ne cesse de peindre le tableau sombre de notre triste réalité de peuple. S’il n’a jamais été démontré qu’entre «vivre et respirer» il y a monde de différence, il suffit de se pencher sur le cas d’Haïti et la différence sera bien évidente.

Dans les journaux, dans les radios, dans les télévisions, ils sont nombreux ceux qui prennent souvent parole au nom d’Haïti. Souventes fois, avec de grandes envolées lyriques pour essayer de cacher la réalité. Dans leurs dires, on dirait qu’ils détiennent les meilleures formations du monde. Mais, jamais une prise de conscience au profit du bien-être collectif. Parlementaires et hommes d’affaires compromettent, dans leurs sales décisions et deals politiques, l’avenir du pays. Ils s’en foutent carrément de ceux-là qui sont les plus démunis. Malgré tout, ils continuent à enfoncer le clou un peu plus. Qu’est-ce qu’ils ont fait de loyal pour essayer de défendre un «soi-disant un an» restant de leur mandat. Rien!

Le pays va très mal! Croire en un éventuel changement est dur, mais l’espoir peut revenir. Le blason d’Haïti aura été redoré quand nous finirons d’avec ces méchants.

Ce qui est triste et écœurant, c’est qu’en dépit de cette descente aux enfers, ils sont nombreux et même très nombreux à manifester leur contentement pour l’organisation du carnaval. Oh ce peuple!
Ce serait illogique de penser pouvoir organiser des festivités carnavalesques dans ce climat d’insécurité et de terreur. Quiconque ayant encore le sixième sens doit radicalement s’y opposer.

Haïti, terre des corrompus, des gangs (armés et politiques), des incompétents, retrouvera son sourire d’antan quand ces derniers seront tous renvoyés et punis par le peuple, lui-même…

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