Haïti-Société: Dans l’arène de l’insécurité, les entreprises n’ont pas exempté des projectiles…

SOCIÉTÉ

Par Volodia Regina Neika BÉLIZAIRE

Alors que d’autres pays sont en quête d’une panacée pouvant résoudre leurs problèmes sanitaires, Haïti quant à elle concentre sa réflexion sur la résolution de problèmes liés à l’insécurité grandissante qui sévit un peu partout. Cette dernière a des conséquences majeures sur l’évolution du business. 

Durant ces dernières années, Haïti évolue dans un climat de sécurité qui suit un nivellement vers le bas. Le pays connaît des situations tumultueuses et n’a pas vécu de moment de répit. L’insécurité sème le trouble dans presque tous les domaines. 

En effet, l’activité commerciale n’a pas cessé de régresser depuis la guerre des gangs. Ce sont, ces derniers, qui font la loi et détiennent même le droit de vie et de mort sur ceux qui entravent leur chemin.La route nationale numéro deux (2), le sujet de discussion des gangs armés qui veulent à tout prix y apposer leur signature. Pourtant, cette voie relie le département de l’Ouest, les départements du Sud, du Sud-est, des Nippes et de la Grand-Anse. Cette porte d’entrée et de sortie constitue l’unique moyen d’échange commercial entre la capitale et les quatre (4 ) autres départements précités. 

Alors que la présence policière ne se fait pas remarquer de façon régulière à ces endroits importants. Pourquoi cette absence? Les policiers ont été chassés par les bandits. Depuis, ils ont passé maître dans l’art du silence sur la situation terrible dans laquelle se baigne Martissant. 

D’où, des observateurs se demandent si les forces de l’ordre ne sont pas de connivence avec ces assaillants. Ainsi, cette voie est devenue l’odyssée de ceux qui l’empruntent. 

Cet environnement d’insécurité handicape grandement l’évolution des entreprises. Les marchands, les grossistes, les détaillants, les chauffeurs, entre autres, sont devenus la proie de ces rapaces. 
En ce sens, certains hommes d’affaires se trouvent dans l’obligation de négocier leur passage sur cette voie non exclusive et non rivale. Ce qui peut aboutir à un versement régulier d’une forte somme d’argent. Et personne ne doit manquer aux exigences convenues sous peine de subir le courroux des bandits. Malheureusement! 

Le témoignage de ce chauffeur de bus qui effectue journalièrement le trajet Jacmel-Port-au-Prince, nous en dit long sur la situation. Voulant garder l’anonymat, dont le nom de « Médicament » lui est attribué. 
“À un moment donné, je ne pouvais pas circuler librement à Martissant, comme je le fais aujourd’hui, sans craindre la mort, a déclaré Médicament. Avant l’obtention de cette permission, dit-il, les bandits ont saisi mon bus. 

Du coup, j’ai dû négocier avec eux. Ce qui a soldé à un versement périodique d’une somme d’argent, a-t-il poursuivi. Mon véhicule est désormais parmi ceux qui sont autorisés, a-t-il mentionné. Malgré tout, la crainte ne disparaît pas, « la peur est toujours là lorsque je franchis cette zone », a-t-il conclu. 

De fait, outre des coûts régulièrement engagés pour se procurer ou fabriquer un produit s’ajoute le paiement des gangs pour le libre passage des marchandises. Faut-il dire, cela n’est pas sans effet sur le prix des produits et entraîne une baisse considérable de la vente des produits au niveau des entreprises. Certaines n’ont subi que des pertes depuis le début de cette rivalité. Pour résister à cette situation, plusieurs optent pour la réduction des heures de travail ou encore le licenciement. 

De son côté, M. Galbert, propriétaire de « Le soleil Dépôt », une entreprise évoluant dans la vente de boissons, située à Jacmel, a expliqué comment il a vécu cette situation. « Au début de la crise, les commandes étaient difficilement satisfaites », a-t-il déclaré.

Mon business fonctionnait par intermittence jusqu’à ce que mes fournisseurs ne trouvent plus d’alternatives pour franchir la zone rouge afin de me livrer les produits, a-t-il dit.

De fait, on était aux arrêts, ajoute-t-il, durant les mois d’octobre et de novembre faute de marchandises. On a repris les activités mi-décembre et déployé tous les efforts pour avancer dans l’adversité, souligne le PDG Galbert.

L’avenir dira le reste, termine le propriétaire de « Le Soleil Dépôt».

Malgré que la corde se serre autour du cou, certaines institutions ont pu maintenir le coup tandis que d’autres se trouvent dans l’obligation de mettre la clé sous la porte ou d’envisager d’évoluer dans d’autres pays où le climat est propice. 

 Semble-t-il que le fameux slogan Haïti is open for business s’est éclipsé.

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