Quand l’Ukraine se trouve entre l’enclume et le marteau

POLITIQUE

Par Me Jhonny VYLES
Professeur d’histoire et de Géographie
Poète et Romancier
Avocat au Barreau de Jacmel

L’ukraine est un pays d’Europe de l’est ou orientale, situé entre la Russie au nord’est et à l’est, la Biélorussie au nord, la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie à l’ouest, la mer Noire et la mer d’Azov au sud, La Roumanie et la Moldavie au sud’ouest. Elle est le deuxième pays le plus grand d’Europe par sa superficie, après la Russie.

Pour comprendre la naissance de l’ukraine moderne, il faut remonter à l’origine de ce pays.En 882 à 1240, l’Etat Rus’ de Kiev a vu le jour, rassemblant les slaves orientaux, appelé L’Etat Kiev, Russie Kievienne, Principauté de Kiev ou Ruthanie Prémongole. En 1223 le pays a été envahi par la Mongolie, et consacre la disparition de la principauté en 1240. Cet Etat était le plus étendu d’Europe. Il s’étend à cette époque, depuis la mer noire, la volga, le royaume de Pologne, le grand duché de lituanie. Une femme de ce pays devient reine en France, Anne de Kiev, femme de Henri 1er.

Après les invasions Mongols, le territoire se faisait l’objet de partitions et se voit revendiquer par les puissances étrangères, la République des deux nations (l’union signée le 1er juillet 1569 à Lublin, est un Etat qui a existé jusqu’en 1795,formé par l’union du Royaume de Pologne et du Grand-duché de Lituanie ) et l’Empire Ottoman. Une partie du territoire avait proclamé son indépendance sous le nom de Hetmanat Cosaque, entre le XVIIe et le XVIIIe, juste avant son intégration dans l’Empire Russe.

Pendant la période troublante de la Révolution Russe, le territoire proclame son indépendance sous le nom de la République Populaire Ukrainienne, peu de temps après, pour devenir la République Socialiste Soviétique d’Ukraine de l’union Soviétique, pendant les années de 1920, conséquence de la guerre civile Russe. En 1991, la chute de l’union Soviétique a permis à l’Ukraine de devenir indépendante.

Les événements de 2014 font sombrer le pays dans la violence, pour certains appelés la Révolution de 2014, faisant perdre à l’Ukraine la Crimée, les provinces de Louganks et Donetsk.

De novembre 2013 au 18 et 23 février 2014, un mouvement de protestation soutenu par les occidentaux, s’établit sur la place de Maïdan, au cœur de la capitale Ukrainienne. La situation devient plus grave lorsque le président Viktor Ianoukovytch (Pro-Russe) donnant l’ordre d’évacuer la place de l’indépendance, et a conduit à sa destitution par le Parlement et remplacé par Aleksandr Tournchynov (Pro-Occidentaux) puis par Arseni Latseniouk.

Suite à une loi contradictoire du président Oleksandr contre les minorités ethniques ( Russe, Roumain, Moldave, Slovène). Cette loi contradictoire a déclenché une contestation dans l’est du pays où les minorités, dans la province de Crimée, à Donestk et à Louganks.Il se sont accusés d’être soutenus par les Russes.

À la suite des référendums simultanés dans ces trois provinces, la Crimée s’attache à la Russie et les deux autres revendiquent arme à la main une indépendance contestée qu’elles ont acquises par référendum.
L’Origine du Problème entre la Russie et les Pays Occidentaux.

Après la deuxième guerre mondiale, le monde allait dominer par deux superpuissances, qui revendiquent entre autre la victoire (URSS et USA). Etant donné que les pays d’Europe de l’est, d’Asie Centrale et du Caucase, se sont rapprochés de l’union Soviétique, du point de vue ethnique et culturel; les autres pays d’Europe centrale libérés de la botte Allemande, rejoints la Russie du point de vue idéologique, les trois pays Baltiques (Lettonie, Estonie, Lituanie), la Pologne, Roumanie, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Autriche, et Hongrie. Du coup, les frontières du monde communiste s’élargissent au fur et à mesure.

L’occupation de l’Allemagne et la construction du mur de Berlin aussi bien que la création de la RFA (République Fédérale Allemande) et les Russes répondent par la création de RDA (République Démocratique Allemande), montrent très bien que les deux grands ne s’entendaient pas. Le 4 avril 1949, les occidentaux ont créé l’organisastion du traité atlantique nord (OTAN), pour opposer et contrecarrer l’Union Soviétique. Après le choc provoqué par la guerre de Corée, le conseil de l’Atlantique nord (CAN) crée l’organisation, suite au blocus de Berlin, d’assurer la sécurité des pays d’Europe Occidentale, seul moyen de prémunir contre l’idée expansionniste de l’Union Soviétique.

Selon le Sécrétaire général de l’OTAN d’alors, déclare : « l’objectif est de garder les Russes à l’extérieur, les Américains à l’intérieur et les Allemands sous la tutelle ».L’OTAN constitue le noyau du bloc de l’ouest.

Pour opposer aux ambitions des occidentaux, les russes ont répondus par le « Pacte de Varsovie », le 14 mai 1955, un vaste ensemble économique, politique et militaire, entre les pays d’Europe de l’est avec l’union Soviétique, les pays communistes du bloc soviétique par un traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle.Nikita Khrouchtchev l’avait concu dans le cadre de la guerre froide comme un contrepoids à l’organisation du traité de l’atlantique nord, l’autre raison c’est l’adhésion de la RFA en voie de rémilitarisation au traité Atlantique nord au moment de la ratification des accords de Paris le 9 mai 1955.

Le pacte de Varsovie fut dissout en juillet 1991.L’existence de ces deux blocs rivaux font de certains pays des glacis protecteurs ou des parapluies nucléaires.Durant la période de guerre froide, les deux grands ne sont jamais affrontés directement,mais préfèrent cacher derrière les petits pays pour faire la guerre (la guerre de Corée, la guerre au Yémen, la guerre au Viet-nam, la guerre d’Afghanistan, la guerre d’Angola, la guerre en Rodésie du nord et en Rodésie du Sud, la crise de missile à Cuba).

Après la chute de l’union Soviétique en 1991, la majorité des pays de l’union Soviétique se sont constitués en communauté des Etats indépendants (CEI), dans l’objectif de garder le lien de rapprochement du point de vue ethnique, culturel, religieux, économique, politique et militaire (le cas de la fédération de Russie, Moldavie, Biélorussie).

L’accession au pouvoir de Gorbatchev avait accéléré le processus de démentèlement de l’union soviétique, depui 1968 avec la révolution en Hongrie et en Tchécoslovaquie (Vaclav Avel) faisait perdre à URSS quelques alliés de poids, qui entre autres satisfait au moins les désidératas des occidentaux. Et quelques années après, ils lui récompensent à titre de Prix nobel de la paix.

L’arrivée au pouvoir de Boris Eltsine au Fédération de Russie, n’avait pas les moyens suffisants pour stopper la décadence de cette puissance surtout avec des prises d’otages répétés, la guerre en Tchétchénie et en Ingouchie et autres, mettait le pouvoir dans une obligation de régler les problèmes internes avant de pouvoir se faire voir encore debout sur la scène internationale.

Depuis 1998, la date où Poutine est arrivé au pouvoir jusqu’à nos jours, la fédération de Russie est retournée sur la scène mondiale comme puissance et superpuissance ensuite, surtout qu’elle était l’héritière directe de l’arsenal militaire de l’union soviétique y ajoute des nouveautés récemment. Il rétablit la paix en Tchétchénie et en ingouchie.

L’accord de paix (PPP) de 1994, signé entre la Russie et les Occidentaux n’avait pas grand effet, cependant, la course aux armements continue entre l’est et l’ouest (accord de Salt I et accord de Salt II). Depuis, la Fédération de Russie s’est toujours présente dans plusieurs rendez-vous internationaux.

Depuis le Gouvernement de Georges Busch, Bill Clinton, Georges Walker Busch et Barak Obama des projets d’installation des missiles de courte et de moyenne portée et des boucliers anti-missiles en europe de l’est ( Pologne, Slovaquie, Tchèque), ravivent la tension entre la Russie et les occidentaux.

Car la Russie considère un tel projet comme une menace, une provocation, une agression. Croyant aussi que la Russie était encore incapable de se réagir, ils ont tenté d’intégrér la Géorgie dans l’OTAN (conflit géorgien en 2008-2009), la province de l’Ossétie du Sud et Abkhasie se révoltent et proclament leur indépendance.Ils ont envisagé également d’intégrer l’Ukraine à l’OTAN (Conflit Ukrainien de 2014), le pays se voit perdre la Crimée et la région du Donbass ( Donetsk et Loubansk).

Un conflit Géopolitique et Géostrategique
Du temps de l’Union soviétique, aucun de ses ennemis ne peut oser de se faire présenter à ses portes pour quelle que soit raison quelle est, voire d’accepter l’intégration des Pays Baltiques et de la Pologne au sein de l’UE ou de l’OTAN.La montée en puissance de la Russie pendant ces vingt dernières années nourrissent encore l’ambition de s’étendre son influence sur les anciens membres ou alliés de l’URSS, qui devenaient indépendants depuis 1991.

Avoir leurs mots à dire (dans le Nucléaire Nord-coréen, dans le nucléaire Iranien, en Syrie et dans le flux migratoire à la frontière entre Pologne et Biélorussie).L’affirmation de la puissance Russe nécessite, pour les occidentaux, une sorte d’endiguement, juste pour l’empêcher d’étendre son influence beaucoup plus en Europe de l’est.

Pour la Russie, il y a la question de proximité et la question raciale aussi, qui, pour lui constitue un artifice légitime, de rapport de bon voisinage et l’avant gardiste.Du temps de l’union Soviétique, il y avait eu un brassage de peuple de différentes nationalités ( par exemple, Le Haut Karabakh). Dans l’est de l’Ukraine, il y a une forte quantité de personnes où les arrières parents étaient Russes. A l’époque de l’union soviétique, l’Ukraine était le « grenier à blé » de l’URSS; possédant aussi des ressources minières énormes.

D’une part, les occidentaux, avec les Américains, entêtés, veulent l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN pour trois raisons :

1-Pour se rapprocher des frontières Russes du point de vue Géostratégique, pour contrôler les activités de l’Armée Russe forte de 3 150 000 hommes disponibles au service militaire, 2 500 000 hommes réservistes, ses déplacements et ses modes d’exercice ;
2-Pour diminuer l’expansion de l’influence Russe en Europe de l’est, pour autant ne voit pas la question de proximité, la question éthnique, la question linguistique, la question historique ;
3-Pour jouir des avantages du territoire Ukrainien du point de vue agricole (Blé) et miniers ( manganèse, fer et autres).

Si les pays de l’Europe de l’ouest sont face à la Russie dans ce conflit c’est parce qu’ils sont soutenus par les Etats-Unis, ennemi numéro un de la Russie ;
Ils sont toujours prêts à sanctionner qui que ce soit pour satisfaire leur patron coincé dans une quête perpétuelle d’imposition de ses principes de société, de démocratie, d’économie au monde entier, sans tenir compte du droit à l’autodétermination des autres peuples, englobant la diversité culturelle, leur tradition, leurs mœurs et les valeurs civilisationnelles qu’ils partagent entre eux.

D’autre part, la Russie, qui avait bénéficié dans le temps, de la paternité de l’URSS, en accédant à la jouissance de l’arsenal militaire soviétique après 1991, se mettant en bonne position comme ayant droit pour éttendre son influence au-delà de ses frontières, tenant compte des liens raciaux, traditionnels, culturels et autres qui les unissent. Les causes d’oposition Russe face aux occidentaux, se résument en plusieurs points :

1-D’empêcher les occidentaux d’intégrer l’Ukraine et la Géorgie au sein de l’OTAN selon la décision adoptée en 2008 ;
2-D’empêcher les Américains d’utiliser l’OTAN pour se raprocher de ses frontières. Pour la Russie, les Européens sont des bouc-émissaires ou des soupapes utilisés par les Américains pour cacher le peché véritable ;
3-D’empêcher les occidentaux de s’emparer les richesses minières et agricoles de l’Ukraine sous un fallacieux de coopération et d’intégration.
La Russie peut tout accepter sauf l’intégration de l’Ukraine et de la Géorgie à l’OTAN.

Dans cette situation, l’Ukraine a une parfaite obligation de se positionner de la façon suivante :

1-De diminuer l’influence des occidentaux et des Russes sur la politique intérieure et extérieure du pays ;
2-De rénoncer au projet de son intégration à l’OTAN, principale pierre d’achoppement, qui le met dans cette situation ;
3-De négocier une paix durable avec les rebelles de l’est (Pro-Russes) en vue de rattacher le Donbass (Donestk et Loubanks), la crimée au territoire Ukrainien.

Sinon, l’Ukraine sera réduite en un pays instable, de crime organisé, d’Etat faible et de population pauvre, comme ils ont fait pour le Mali, la Libye, la Syrie, L’Irak, le Yémen, La République Centre-Africaine, l’est de la RDC. Et c’est l’Ukraine qui allait payer le pot-cassé.Une perte de plus 13 000 personnes sur le front, le pays continuera-t-il de payer le prix ?

Avec plus de 100 000 hommes de troupes Russes sur la frontière du côté de l’est et les occidentaux menacent la Russie de graves sanctions, alors qu’ils ne voulaient pas renoncer au projet d’intégrer l’Ukraine dans son cercle, si rien n’est fait l’Ukraine serait sombée dans le chaos.

Le mercredi 15 décembre 2021, le Gouvernement Russe soumet un ensemble de propositions au Gouvernement des Etats-unis en vue de définir un format de négociation car le principal protagoniste dans tout ça ce sont les Etats-Unis.

Bibliographie
1- Atlas Hachette,232 pages,118 cartes en couleurs,35 000 noms.
2-Wikipedia, version française.
3-Encarta 2009.
4-Journal le Monde,consultation en ligne des derniers numéros.
5-RFI,page Facebook, consultation en ligne.
6-Le Monde Diplomatique, édition Mai 2019,no 782,page 1 et 9.
7-Le Monde Diplomatique, édition octobre 2019,no 787,page 19.
8-Le Monde Diplomatique, édition Novembre 2019,no 788,page 9 et 17.
9-Le Monde Diplomatique,no 789, édition Décembre 2019,no 789, pages 18 ,19,20 et 21.
10- TV5 monde
11-France 24.

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