Haïti-Société: Port-au-Prince, la vallée des bandits…

SOCIÉTÉ

Par William TOUSSAINT

Port-au-prince, pour ne pas dire Haïti entière, est devenue durant ces quatre dernières années la cité des gangs armés. Les bandits exhibent leurs révolvers comme bon leur semble; ils donnent des conférences de presse, des points de presse au moment voulu. Face à cette situation, que font les autorités compétentes?

Souventes fois, les gens, pour critiquer l’Etat, le qualifient de: « leta pèpè, leta ponpye, leta sitirè, leta bò katedral… ». Toutes ces qualifications sont utilisées purement et simplement pour dénaturer le symbolisme que l’Etat ne représente plus rien. Les soi-disant dirigeants ne soucient guère de la vie des filles et fils du pays. Pas de bons rapports entre les dirigeants et les dirigés. Leurs représentations sont nettement différentes.

Il est vrai que dans les années précédentes, il n’existait pas vraiment de liaison parfaite entre les deux entités précitées, mais ces temps-ci leur relation se détériore grandement. Cette détérioration s’explique par l’aggravation continue des conditions de vie des citoyens-nes qui connaissent et/ou vivent leurs pires moments sur ce bout de terre que Jean Jacques Dessalines, le père de la nation, leur a léguée au prix du sang. Pour certains, Haïti est un pays pauvre, pour d’autres, il est foncièrement riche; c’est, de préférence, la façon dont les politiques gérent la chose publique qui appauvrit le pays. Ils font une politique dénommée « politik de grenn gòch, politik bay zam nan katye popilè… ».

Cette façon de faire la politique a des conséquences néfastes sur tous les secteurs de la vie nationale. À Port-au-Prince, les hommes armés kidnappent, violent, volent et tuent au vu et au su de tout le monde. Ces notoires imposent leurs lois; ils empêchent aux gens de vaquer librement à leurs occupations. Quand ces malfrats ne bloquent la zone de Martissant, de Delmas, c’est autour de la Croix-des-bouquets qu’ils déposent leur tablier. Bref! Toute la capitale, pour paralyser la circulation. Malheureusement, c’est la masse défavorisée qui paie les frais, ne pouvant plus sortir pour aller chercher son pain quotidien. Qui pis est, deux journées paralysées par ces groupes armés suffisent pour contribuer à ralentir considérablement l’économie Haïtienne.

Devant cet état de fait, nous devons nous rappeler le discours du feu Jovenel MOÏSE, premiers ministres, directeurs généraux, entre autres, faisant toujours mention de ces termes à combattre :  » La corruption, le banditisme, l’insécurité et l’impunité ». Aujourd’hui, au XXI siècle, où en sommes-nous?

En guise de protestation contre la montée du taux du banditisme dans le pays, notamment à Port-au-Prince, des voix s’élèvent quotiennement pour solliciter une intervention musclée du côté de l’État haïtien afin de démanteler les réseaux des gangs. Est-ce une demande qui reste et restera toujours pendante? À suivre…!

Bien que chaque coin et recoin d’Haïti ait son lot de problèmes, faut-il toujours attendre le « Journal Premye Okazyon » de Radio Caraïbes pour aller auditionner le reportage de tous les matins de Mackenson Rémy ayant pour titre: « men kòman potoprens leve pou maten an ».

Après l’audition, les gens se questionnent et cherchent, à tout prix, à déterminer un abri sûr pour ne pas être la cible des malfrats qui opèrent en tous lieux, sans inquiétude aucune.

Haïtien-ne(s) de partout, réveillez-vous! Il est inconcevable de laisser la capitale de notre pays entre les mains de ces voyous.

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