Haïti-Politique: Remaniement ministériel pour de nouveaux riches…

POLITIQUE

Par Bazelais LAGUERRE

Le peuple haïtien ne peut expliquer clairement le terme «changement» que lorsqu’il faut parler du changement de gouvernement. Car, c’est ce à quoi l’Haitien est plus habitué comme changement.

Remaniement ministériel, à quoi/qui cela profite-il, à chaque fois?

D’un point de vue éclairé, l’on dirait que c’est au profit du pays, dans la mesure où l’équipe qui précède n’a pas su travailler à la bonne marche du pays. Donc, il fallait un changement pour apporter des réponses adéquates aux problèmes qui gangrènent le pays. C’est bien dommage que ce changement passe toujours à côté du bien-être collectif et ne satisfasse qu’un petit groupe d’amis, familles, proches et alliés.

Pendant les dix dernières années, les changements opérés dans l’administration publique n’ont forcément rien à voir aux soucis du peuple. Sinon, tous ces changements ont créé de nouveaux riches, au détriment de la masse défavorisée. Quelle société! Pays de merde! …

Dans un pays où les besoins de base sont luxe; dans un pays où l’insécurité atteint son plus haut sommet, des hommes continuent de s’enrichir malhonnêtement. Ils accaparent Haïti et font d’elle une vraie source de revenus. Quel avenir pour le pays? Plus de 10 premiers ministres se sont succédé, en seulement l’espace d’une décennie. À Chacun, son gouvernement, son équipe, etc. Rien que pour créer de nouveaux riches, aucun changement tangible, aucune politique sociale pouvant pallier les problèmes des plus miséreux. Ce jeu coquin et vicieux dans lequel se trouve Haïti est répugnant, révoltant et doit cesser. Mais pour cesser réellement ce jeu, il faut bien au peuple des actions ou des engagements citoyens pour bâtir un autre pays à travers des actions concrètes qui placent le pays au centre de toutes les décisions et par-dessus de tous les intérêts mesquins. Le pays a besoin des gens qui soient capables de grands dépassements, qui ne favorisent pas d’abord leurs propres intérêts, mais ceux du peuple avant tout. Oui, le pays peut aller de l’avant, s’il y a de la volonté.

À chaque fois et pour toujours, le plus grand perdant est le peuple. Pauvre ce peuple qui croyait qu’il fallait manifester pour un meilleur avenir, qui croyait que ses objectifs étaient identiques qu’aux objectifs de ceux qui les avaient encouragés à protester, à brûler des caoutchoucs. Le peuple l’a fait, malheureusement, mais pour quels résultats?

En Haïti, le peuple a tout vu, tout compris, tout expérimenté. Il a connu les pires dirigeants du monde. Il affronte, au quotidien, les plus dures et tristes réalités de l’humanité. Si la déshumanisation n’est jamais encore démontrée quelque part, il faudra venir en Haïti pour comprendre ce processus. Qui pis est, on dirait qu’ils sont dépourvus de conscience citoyenne. C’est dommage!

Nous sommes à une période de l’histoire où la majeure partie du peuple vit dans l’insécurité alimentaire, sans parler de l’insécurité ordinaire. Pendant ce temps-là que la plupart de la population ne peuvent manger à leur faim, ils sont nombreux, ceux qui décident en son nom. Ils volent le pays et trahissent la lutte du peuple, juste pour avoir, soit un ministère, soit une direction générale. C’est inhumain! Nous sommes de ce petit pays de la Caraïbe où ses habitants, pour la plupart, ne veulent plus rester; certains préfèrent mourir en mer, d’autres emprisonnés ailleurs, au lieu de vivre en Haïti. En tout cas, de ceux qui y restent encore, se trouvent une catégorie dont les moyens ne favorisent pas et ceux qui croient en un changement réel, malgré tout, et se livrent corps et âme pour matérialiser ce vieux rêve.

Quelle triste réalité! Aucun peintre ne serait capable de dresser le portrait tellement sombre de ce pays. Haïti, source de revenus pour certains et cauchemar pour d’autres. Une situation qui se dégrade de jour en jour. Les plus pauvres continuent d’être appauvris. Et les riches, quant à eux, augmentent leurs capitaux.

Le signe d’un état providence est loin d’être constaté en Haïti. La population se livre à elle-même, toujours dans sa promiscuité, pendant qu’ils opèrent, eux-mêmes, des changements pour promouvoir leurs amis, familles et alliés. Pays de désordre et de chaos. Les gangs contrôlent et font la loi, certaines fois. L’Etat, en soi, n’existe pratiquement pas, voire même parler d’un État régulateur. Haïti sombre! Haïti s’effondre!

Haïti, quel avenir?

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